La petite histoire d’un grand rendez-vous!

Le texte qui suit explique comment est née l’idée de créer l’événement international francophone qu’est le REFER. Quoique racontée sur un ton plutôt personnel, cette histoire saura certainement rejoindre tous ceux et celles qui travaillent à bâtir un système d’éducation adapté à son époque. Elle rend aussi hommage à tous nos collaborateurs qui ont cru dès le départ à la matérialisation d’un projet à l’apparence utopique et qui ont accepté d’y consacrer du temps et de la passion. Enfin, ce récit se veut un coup de chapeau à notre réseau professionnel qui nous inspire et nous pousse à nous dépasser afin de trouver des façons de donner une visibilité à toutes ces pratiques gagnantes et innovantes qui se déploient chaque jour dans un nombre grandissant de classes francophones.

Nathalie Couzon et Monique Lachance – Cofondatrices du REFER

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« Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. » – Elder Camara

Entreprendre l’élaboration d’un événement comme le REFER exige la conviction impérieuse que des transformations profondes et incontournables sont requises dans le monde de l’éducation pour que l’école du 21e siècle soit (enfin) en cohérence avec son temps. Nous sommes à l’origine deux enseignantes de français et de littérature. Nous avons oeuvré à l’intérieur de nombreux milieux scolaires québécois et français avant de nous rencontrer dans des circonstances particulières qui nous ont amenées à faire du coenseignement, en 2006. Ce fut le début de fructueuses collaborations qui nous ont permis d’enrichir notre bagage professionnel et de réfléchir, comme tant d’intervenants, sur la place et le rôle de l’école en cette époque où le numérique se fait omniprésent dans nos vies et celle de nos enfants.

C’est à la suite du premier Festival international de twittérature #140max, que nous avons contribué à organiser avec Jean-Yves Fréchette, Annie Côté et Sylvain Bérubé en octobre 2012, que les prémices du REFER se sont installées dans notre esprit. Lors des remises de prix du concours, nous avons rencontré des élèves au regard allumé, des enseignants fiers de leurs élèves, tous animés par la passion et l’envie de faire l’école autrement. Nos visites dans les classes, en présence et en virtuel, nous ont amenées à réfléchir intensément et à nous questionner. Quelque chose se passait là, une effervescence, une ébullition qui allait bien au-delà du Festival de twittérature, bien au-delà du concours, mais que l’événement avait eu le mérite de cristalliser. Outre la sollicitation de connaissances factuelles ou la génération de conflits cognitifs, nous assistions au déploiement intégral de compétences chez les élèves : ces classes étaient de véritables communautés d’apprentissage connectées sur le monde et ouvertes à la diversité, des ateliers-laboratoires à l’intérieur desquels les pratiques pédagogiques favorisaient les découvertes et la créativité. En fait, les murs de l’école avaient été repoussés et nos observations empiriques nous indiquaient que les enseignants et les élèves y gagnaient en sentiment d’accomplissement et d’efficacité personnels parce que l’acte d’enseignement-apprentissage se réalisait dans des contextes authentiques.

Pendant presque un an, nous avons alimenté notre réseau et précisé  notre vision en assistant à des événements (Clair2013, AQUOPS, EdCampQC, TEDx, tweet-up, etc.) et en suivant des projets innovateurs montrant le potentiel des outils du 2.0 et leur plus-value indéniable en contexte d’apprentissage, des projets valorisant le travail sur la langue, soulignant l’importance de construire une identité numérique positive et permettant d’acquérir des connaissances et de développer des compétences, peu importe la discipline enseignée.

À l’été 2013, l’entreprise de créer un événement où seraient mises de l’avant ces approches pédagogiques était tenace et ne nous quittait plus. Nous nous interrogions et nous concertions pour trouver comment asseoir, dans un « happening » éducatif majeur, les grandes intentions que nous avions réexaminées à la lumière des observations des neuf derniers mois.

Nos objectifs étaient clairs :

  • Renforcer l’épanouissement et le développement de la culture et de la langue française à travers toutes les communautés linguistiques francophones;
  • Créer des liens durables en éducation par un réseautage des communautés francophones;
  • Accompagner et soutenir les enseignants dans l’innovation pédagogique;
  • Revaloriser la profession enseignante.

Cependant, les moyens d’y parvenir l’étaient moins. Nous avons alors pris la décision de franchir une autre étape en soumettant notre projet à Ewan McIntosh (fondateur de NoTosh, Grande-Bretagne) et à Bertrand Formet (formateur et médiateur numérique CANOPE Besançon-France) afin qu’ils en évaluent la recevabilité, ces deux personnes ayant toute notre estime au regard de leurs réalisations et de leurs valeurs pédagogiques.

Cette démarche ayant porté ses fruits, nous nous sommes ensuite employées à imaginer le format de l’événement, ses activités, ses particularités, bref, le corps du projet pendant que Bertrand Formet faisait les premiers contacts en France auprès de sa direction et s’adjoignait, devant l’ampleur de la tâche, la collaboration de Nadya Benyounes (chargée de mission TICE, CANOPE Rouen-France) et de Christophe Batier (directeur technique du service TICE de l’Université Lyon1) pour tout l’aspect technique de l’événement.

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Dès le milieu du mois de septembre 2013, nous étions à même de présenter un projet, modeste, mais prometteur, à nos directions respectives des deux côtés de l’Atlantique. La réception fut positive à tous les niveaux de la hiérarchie : nous sentions un appui et un soutien qui confortaient nos convictions. Nous pouvions dorénavant avoir espoir et envisager la tenue réelle de l’événement.

Le 30 octobre 2013, nous rassemblions plusieurs des membres du premier comité organisateur du REFER pour leur en présenter les fondements et leur demander leur contribution. Grâce à la confiance, au talent et à la détermination de notre équipe et grâce à la force de la collaboration et à la puissance de la communauté de pratique, nous fûmes en mesure, les 20 et 21 mars 2014, de déployer les activités du premier Rendez-vous des écoles francophones en réseau.

Avec le REFER, nous avons voulu  créer une synergie pour réunir et mettre en valeur des actions disséminées, un espace où elles puissent gagner en visibilité et en ampleur. Ainsi mises en lumière, ces pratiques pédagogiques – qui font en sorte que chaque jour, partout dans la francophonie, se matérialise l’ouverture des élèves sur d’autres horizons, s’exerce leur jugement critique par la confrontation des points de vue et s’enrichit leur bagage culturel par la recherche et le partage de l’information – pourront se propager et devenir l’apanage de chacun. Nous souhaitons longue vie à ce Rendez-vous et espérons qu’il saura rallier un nombre grandissant d’acteurs du milieu de l’éducation!


Comité organisateur de la toute première édition du REFER, en 2014

Comité de pilotage Québec-France

  • Nadya Benyounes
  • Nathalie Couzon
  • Bertrand Formet
  • Monique Lachance

Membres de l’équipe de Québec

  • Véronique d’Amours : promotion, développement de contenus, conception des activités  et actes du REFER.
  • Sylvain Bérubé : archivage des fils Twitter et autres tâches numériques.
  • Cathy Boudreau : développement de contenus, conception et animation d’activités.
  • Véronique Boudreau : secrétariat, accueil et autres tâches connexes.
  • David Cormier : technique.
  • Antoine Couture : montage vidéo.
  • Nathalie Couzon : un peu de tout.
  • François Guité : développement de contenus, conception et animation d’activités.
  • Monique Lachance : un peu de tout.
  • Audrey Miller : communications, promotion, finances, édition, inscriptions, élaboration du programme des ateliers et autres tâches connexes.
  • Benoit Petit : technique.
  • Cédric Paradis :  infomestre et construction du site initial du REFER.
  • Patrick Touchette : technique, coordination des activités et élaboration du programme des ateliers.

 

Membres de l’équipe en France

 

Autres remerciements

Merci à André-Marc Goulet (CSC) et à Nicole Labrecque (CSDN) pour leur soutien indéfectible du début à la fin.

Merci à Karine Riley pour sa contribution à la réalisation des activités et pour l’animation.

Merci enfin à tous les animateurs d’ateliers, conférenciers, élèves et autres personnes qui ont appuyé l’idée, et, bien sûr, à tous les participants!